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   64th IFLA General Conference
   August 16 - August 21, 1998

 


Code Number: 033-99-F
Division Number: IV.
Professional Group: Classification and Indexing
Joint Meeting with: -
Meeting Number: 99.
Simultaneous Interpretation:   No

Travailler avec les LCSH : Le Coût de la Coopération et la Réussite de l'Accès. Le Point de Vue de la British Library

Andrew MacEwan
British Library, National Bibliographic Service


Résumé :

Ces dernières années, suite à la réintroduction des LCSH dans la Bibliographie nationale britannique en 1995, la British Library (BL) a confirmé son intention d'utiliser désormais les LCSH dans ses propres catalogues. Elle a par conséquent accordé plus d'attention au développement à long terme des vedettes-matière. Bien que Bibliothèque du Congrès (LC) détienne la responsabilité éditoriale pour le système, tous ceux qui utilisent les LCSH peuvent contribuer à leur développement dans ce milieu de coopération. Il faut améliorer la maîtrise du vocabulaire et clarifier les principes et les politiques d'application des vedettes-matière, surtout en ce qui touche la normalisation pour le catalogage en coopération. La BL pour sa part s'est déjà engagée dans un projet pour le développement de l'indexation des oeuvres de fiction.
Le système LCSH dans son ensemble doit être amélioré, mais il faut lier le développement des vedettes au développement de systèmes de recherches qui en exploitent la structure de thésaurus. Le contrôle des autorités entièrement automatisé est la première mesure essentielle qui permettrait la correction à grande échelle des vedettes-matière elles-mêmes. Si l'on fournit les ressources nécessaires à ces développements, il y a d' immenses possibilités d'améliorer l'accès par sujet dans les catalogues grâce aux LCSH.


Paper

1. Introduction

En 1995, la British Library rétablissait le système des Library of Congress Subject Headings dans les notices de la Bibliographie nationale britannique (BNB) pour répondre aux demandes de ses clients et de ses partenaires. Fin 1996, COMPASS, le système d'indexation propre à la BL, était abandonné dans la BNB sans guère soulever de protestations. A travers un processus d'économies et une stratégie de coopération, la BL en est ainsi arrivée à se lier à une norme unique d'indexation-matière qui est contrôlée, éditée et gérée par une autre bibliothèque. On a suggéré que suivre cette voie revient en fait à abandonner notre participation aux travaux de développement des principes et pratiques de l'indexation-matière (1). N'avons-nous pas après tout abandonné le système que nous avions nous-mêmes développé?

Je souhaite démontrer dans ce texte que l'adoption par la BL des LCSH comme système unique d'accès matière change seulement le contexte dans lequel nous pouvons contribuer à ces travaux. La coopération entraîne de nouveaux coûts et de nouveaux défis et, si nous voulons obtenir un bon accès par sujet à nos catalogues et collections, nous devons travailler pour résoudre les problèmes qui sont le lot commun de tous les utilisateurs de cette norme.

Il est bien établi que le système LCSH nécessite de nombreux développements. Si je pense à ces problèmes de développement dans une optique British Library, je trouve que c'est surtout le point de vue économique qui commande l'ordre du jour. Comme responsable de catalogage, je suis constamment confronté à deux questions : quels sont pour nous les coûts de l'utilisation des LCSH? quels en sont les avantages pour nos utilisateurs? C'est en répondant à ces questions que nous définirons les problèmes cruciaux du développement des LCSH et aiderons à déterminer quelles contributions nous pouvons tous y apporter. Dans ce texte, je passerai en revue quelques-uns des problèmes bien connus du développement des LCSH du point de vue de la British Library. Et je décrirai aussi, brièvement, un travail particulier de développement dans lequel la BL a été engagée : l'indexation de la fiction.

2. L'utilisation des LCSH à la British Library

Clarifions d'abord un peu le contexte de l'application des LCSH à la BL. L'indexation LCSH a toujours figuré dans les notices créées pour la bibliographie nationale, à titre de valeur ajoutée. Ce contexte a été complètement changé au cours des deux dernières années suite à la décision d'utiliser désormais les LCSH et la classification Dewey comme éléments centraux des notices créées pour les propres catalogues de la British Library (2). La signification de ce changement est qu'il modifie radicalement notre façon de concevoir les LCSH : moins aujourd'hui en termes d'utilité de nos notices et plus en termes d'utilité de notre catalogue. Autrement dit, nous envisageons maintenant surtout les LCSH comme moyen d'accès à nos collections, tandis que la BNB devient une espèce de sous-produit.

Par exemple, un facteur clé dans la décision d'abandonner notre propre système est le fait que les LCSH procurent un énorme potentiel pour dériver rétrospectivement des indexations dans les notices de notre catalogue qui n'ont jamais été indexées et que nous n'avons pas les moyens de reprendre pour les indexer.
Confrontés à cette nouvelle perspective de devoir considérer les LCSH comme la pierre angulaire de l'accès matière au catalogue tout entier, ce sont nos pratiques qu'il a fallu redéfinir.

Quelle leçons tirer de notre expérience des LCSH? Trois problèmes principaux ont un impact sur la façon dont nous pourrons le mieux réussir un bon accès matière à nos collections : le contrôle du vocabulaire, les politiques d'application des LCSH et l'environnement du catalogage partagé lui-même.

On pourrait définir un bon accès matière comme la fourniture d'accès dans le langage et les termes que l'utilisateur final est censé utiliser. Foskett souligne un problème central lié à l'utilisation des LCSH :
"Les bibliothécaires et autres intermédiaires se rendent compte que les LCSH sont un langage d'indexation artificiel, et l'utilisent comme tel, mais les utilisateurs probablement pas, ce qui constitue une barrière supplémentaire entre eux et l'information qu'ils recherchent" (3).

La vraie conclusion est que les utilisateurs ne devraient pas avoir besoin de comprendre que les LCSH sont un vocabulaire contrôlé pour pouvoir conduire des recherches fructueuses. Dans la plupart des catalogues, l'accès par les LCSH est l'accès par les formes retenues établies dans le fichier d'autorité, mais sans le bénéfice de toutes les formes exclues contenues dans les notices.

Bien qu'on ait beaucoup écrit sur les limites et les inadéquations des relations sémantiques dans les LCSH, le fait est qu'il existe une structuration des renvois qui donne la possibilité d'enrichir considérablement l'accès pour l'utilisateur final. La décision de changer des vedettes ou des renvois doit être reliée au développement de systèmes qui exploiteront correctement cette structure de thésaurus. Ce raisonnement a été bien développé dans les travaux de Karen Drabenstott et autres (4). Je le mentionne pour souligner que nous considérons ces développements des systèmes comme un postulat de base dans nos réflexions sur les inadéquations ou autres des vedettes et des liens sémantiques dans le fichier d'autorité LCSH.

Nous avions bien sûr quelque inquiétude initiale au sujet des américanismes. L'idée même d'un langage d'indexation américain comme base pour accéder aux collections de la Bibliothèque nationale britannique ressemble fort à un triomphe de l'impérialisme culturel américain. Et c'est peut-être le cas.

Mais pour ce qui est de nous poser des problèmes d'accès, je pense que c'est un problème relativement trivial, l'un de ceux en tout cas qui peuvent être largement surmontés grâce au développement de la structure de thésaurus dans le fichier d'autorité. De nombreux termes exclus à partir d'américanismes existent déjà pour donner un accès dans une langue plus naturelle à un utilisateur britannique, même s'ils se présentent parfois sous une forme un peu moins naturelle pour éviter des conflits dans le fichier d'autorité par exemple :

Cookies
EP
Biscuits, English

Quelques renvois seraient d'ailleurs plus naturels que la forme retenue aussi bien pour un utilisateur américain, par exemple :

Automobiles
EP
Cars

Bien que toutes les variantes ne puissent être données par de simples renvois directs, beaucoup le peuvent. Notre participation au Programme coopératif des autorités-matière (Subject Authorities Cooperative Program, SACO) nous permet de proposer de telles formes exclues à la Bibliothèque du Congrès (LC) quand nous en identifions le besoin au cours du catalogage, par exemple :

Color
EP
Colour.

Des soucis plus sérieux pour nous sont en fait communs à tout utilisateur des LCSH et ne sont certainement pas réservés au contexte non-américain. Par exemple le besoin de moderniser les vedettes malencontreuses, archaïques ou insatisfaisantes. Ce n'est pas particulièrement un point de vue culturel spécifiquement britannique que de trouver fautif d'exprimer l'histoire de l'Angleterre comme histoire de la Grande-Bretagne, par exemple :

Great Britain -- History -- Edward I, 1272-1307,
ce n'est rien d'autre qu'un anachronisme que nous voudrions tous changer.

Des changements de cette ampleur entraînent des implications majeures pour la conformité avec l'autorité des vedettes attribuées dans le fichier bibliographique, ce qui a été la principale pierre d'achoppement pour la Bibliothèque du Congrès. Lois Chan identifie les tensions entre la stabilité du système et sa flexibilité au changement comme le problème clé pour les LCSH (5) : les avantages des changements doivent être mis en balance avec les coûts qu'ils nécessitent. La stabilité des LCSH a une grande valeur au regard des investissements en indexation faits par le passé dans nombre de catalogues du monde entier, mais il y a franchement quelques vedettes ou constructions inaptes à exprimer les concepts avec précision ou de façon adaptée à un utilisateur final. L'astuce est d'apporter des changements sans compromettre la cohérence des catalogues dans lesquels les LCSH sont profondément enracinées : c'est un problème de cohérence avec l'autorité sur lequel je reviendrai.

Pour aussi bon langage d'indexation que les LCSH puissent être ou devenir, ce langage ne pourra fournir un bon accès au catalogue qu'autant qu'il aura été utilisé de façon cohérente, conformément à des principes clairs d'analyse documentaire. Après une interruption de sept ans, la réintroduction des LCSH à la British Library a effectivement conduit à reprendre à zéro notre apprentissage de l'utilisation des vedettes. Parce que nous avons intégré le catalogage, ajoutant le travail d'indexation-matière au catalogage descriptif dans le profil du catalogueur-type, nous avons dû investir beaucoup de temps et d'effort dans la formation des catalogueurs aux LCSH. Cette expérience nous a permis de nous concentrer sur la complexité et la difficulté qu'il y a à se confronter aux LCSH comme norme. Le système des subdivisions affranchies qui contribue tant à la flexibilité du langage d'indexation implique aussi différents modèles d'indexation dans les différents domaines et pour différents types de documents. La taille même du SCM, le manuel d'indexation LCSH (LC's Subject Cataloging Manual: Subject Headings), en quatre volumes, indique assez les méandres de l'apprentissage que les catalogueurs doivent suivre.

L'adhésion aux principes et aux politiques d'indexation exposés dans le SCM est au cur de l'équation coût-avantage que nous devons peser en utilisant les LCSH. Nous accordons une importance capitale au manuel d'indexation pour parvenir à la cohérence de notre propre indexation et à la cohérence avec les pratiques d'indexation de la Bibliothèque du Congrès et de nos partenaires du Royaume-Uni. Suivre le SCM rend l'indexation plus gourmande en temps et donc plus coûteuse, mais la qualité de nos propres indexations est améliorée et nous pouvons aussi dériver des notices d'autres bibliothèques sans perdre le bénéfice d'un système d'indexation appliqué de façon cohérente. Enfin, dans l'idéal bien sûr. Du fait de la complexité du système, la cohérence n'est pas toujours atteinte dans la pratique. Le SCM est un instrument difficile à utiliser et il y a certainement des arguments pour changer, développer ou clarifier quelques-unes des politiques d'indexation. Le contexte de coopération implique deux dimensions pour parvenir à la cohérence de l'indexation : l'une interne, orientée vers la formation, et l'autre externe, orientée vers le développement de la politique d'indexation.

En interne, notre souci premier est de nous assurer que nous sommes capables de maintenir et de développer notre compétence LCSH. L'une des difficultés avec notre profil de catalogueur polyvalent est que la tâche d'indexation-matière n'est qu'une partie de la vaste panoplie des savoirs du spécialiste en catalogage, qui incluent aussi le catalogage signalétique, l'application de la classification Dewey et le contrôle des points d'accès auteur. En conséquence, l'acquisition de la connaissance de base des difficultés des LCSH prend beaucoup de temps et le développement d'une compétence plus approfondie doit être mis en balance avec les autres exigences du travail de catalogage. Les difficultés particulières que nous avons rencontrées en utilisant les LCSH nous conduisent à réexaminer notre façon de concevoir les métiers et le processus du catalogage pour garder et améliorer à la fois la qualité et l'efficacité. Nous avons toujours maintenu par le passé la tradition du catalogage généraliste, et nous continuerons, mais nous nous demandons aujourd'hui si nous ne pourrions pas améliorer et le contenu des tâches et l'efficacité de notre catalogage par le développement de la compétence des catalogueurs en leur permettant de se concentrer sur des domaines particuliers. Quelque chose qui permettrait aux catalogueurs de se consacrer au développement de leur compétence LCSH et Dewey, et qui nous permettra par ricochet de mieux étayer nos propositions de vedettes nouvelles dans SACO et notre implication dans le développement des politiques pour le SCM.

D'un point de vue externe, notre souci principal est de nous assurer que notre indexation est cohérente avec l'application des LCSH dans les notices que nous dérivons. Nous devons faire face à des utilisations divergentes fondées sur des interprétations différentes du SCM et sur des déviations locales délibérées en fonction des besoins différents, réels ou supposés, des différentes bibliothèques. L'un des principes les plus délicats pour parvenir à la cohérence dans l'application des LCSH est peut-être celui de la spécificité. L. Chan identifie un grand nombre de problèmes reliés à ce concept central : la spécificité est-elle définie par la place qu'occupe telle vedette dans la structure hiérarchique, ou est-elle purement une question de coextensivité avec le document catalogué? Si oui, jusqu'à quel degré de précision un document doit-il être indexé pour attribuer des points d'accès spécifiques représentant les principales parties de l'ouvrage? Les termes sont-ils trop spécifiques s'ils n'ont aucune chance d'être employés par l'utilisateur final pour sa recherche? La spécificité est-elle mieux atteinte lorsqu'on attribue des vedettes pré-coordonnées très spécifiques ou lorsqu'on indexe avec quelques termes plus larges qui, post-coordonnés, couvrent le contenu précis de l'ouvrage? Les LCSH permettent les deux approches.

Je n'ai pas l'intention de proposer ici des réponses à ces questions, mais je veux attirer l'attention sur ce facteur qui affecte de façon constante la cohérence de l'indexation. Peut-être le type le plus courant de désaccord est-il celui qui porte sur l'utilisation d'entrées génériques, c'est-à-dire la pratique d'indexer un ouvrage sur le catalogage à la fois avec les vedettes "Catalogage" (Cataloging) et "Bibliothéconomie" (Library science). La politique stricte du SCM est de n'attribuer que l'entrée spécifique, mais beaucoup considèrent que cela peut limiter l'accès à leur catalogue ; par exemple, un livre sur la philosophie de Wittgenstein, ne devrait avoir qu'un point d'accès spécifique :

"Wittgenstein, Ludwig, 1889-1951"

mais un catalogueur peut estimer que l'entrée générique "Philosophie" est elle aussi fondée pour fournir un accès matière post-coordonné complet. L'absence de décision devant de telles divergences dans les politiques suivies par les bibliothèques est un vrai problème pour le rapport coût-efficacité du catalogage par copie. Si la moitié des notices a été indexée avec l'entrée générale et l'autre moitié sans, la cohérence globale de notre catalogue est compromise, ce qui entraîne des conséquences sur la façon de concevoir les systèmes de recherche pour exploiter au mieux le langage d'indexation. Je ne veux pas suggérer par là que les divergences dans les politiques d'indexation sont inacceptables ou injustifiables en termes de coût. Mais je souhaite suggérer qu'elles doivent être comprises, connues, justifiées et prises en fonction des besoins du catalogue de chaque bibliothèque.

Ce qui nous ramène à notre point de départ, mon affirmation que l'adoption des LCSH par préférence à notre propre système change seulement le contexte dans lequel nous devons être impliqués dans le développement de l'indexation-matière. Drabenstott plaide que, maintenant que les LCSH sont devenues par défaut la norme d'indexation pour de nombreuses bibliothèques, c'est toute la communauté du catalogage en coopération qui a la responsabilité d'en faire ce qu'il y a de mieux. C'est-à-dire celle de l'améliorer. Il y a beaucoup à gagner à partager un système standard d'accès matière, à la fois en termes de coût-efficacité et en termes d'avantage pour l'utilisateur final de nos catalogues. Mais il ne serait pas raisonnable d'espérer que la Bibliothèque du Congrès pourra ou voudra prendre seule en charge tous les coûts de développement.
Au cours de l'année dernière, nous avons eu l'occasion de profiter d'une expérience de première main sur la façon dont développement et coopération peuvent aller de pair.

3. Développer l'accès aux ouvrages de fiction

Quand nous avons abandonné COMPASS fin 96, nous avons dû prendre une décision sur l'avenir de l'indexation de la fiction. Il y avait eu une tradition bien établie dans la BNB d'attribuer des vedettes générales de forme aux ouvrages individuels de fiction, par exemple : "English fiction".
Appliquer le même niveau d'accès en utilisant les LCSH impliquerait d'établir une politique particulière BL en désaccord avec le manuel d'indexation LCSH (SCM). A cause de tout ce que cela impliquait pour le catalogage par copie, nous avons choisi d'adopter une norme liée de près aux LCSH et qui a obtenu tout crédit au regard du catalogage par copie grâce à son adoption par le projet OCLC/LC sur la fiction : les GSAFD, "Principes directeurs pour l'accès matière aux oeuvres de fiction, théâtre, etc." (Guidelines on Subject Access to Individual Works of Fiction, Drama, etc.) (6). Les notices LC de fiction sont indexées par un groupement de bibliothèques publiques et universitaires américaines coordonné par OCLC.

Les GSAFD permettent quatre sortes d'accès matière : par forme spécifique, par mise en scène, par personnage et par sujet. L'accès par la forme est fourni par un ensemble de vedettes GSAFD, listées dans la norme, qui sont pour la plupart équivalentes aux vedettes du fichier d'autorité LCSH mais auxquelles on affecte l'étiquette 655 du format MARC et non l'étiquette 650, par ex. : "655 Science fiction".
Les trois autres types d'accès s'appuient tous sur les vedettes et les constructions des LCSH. Ces vedettes attribuées dans le 655 ouvrent un vaste champ de questions pour le futur développement des LCSH.
La Bibliothèque du Congrès a déjà annoncé son intention de développer à long terme le vocabulaire structuré du fichier LCSH par la constitution d'un fichier séparé de vedettes de forme qui puissent être affectées dans l'étiquette 655 au lieu de l'être dans la 650. L'intention est de distinguer l'accès aux ouvrages qui appartiennent à une forme ou à un genre de ceux qui traitent de cette forme ou de ce genre. Permettront ainsi de répondre à des recherches distinctes :

650        Detective and mystery stories
655        Detective and mystery stories.

Les projets de la Bibliothèque du Congrès n'ont pas d'impact sur le niveau d'accès qu'elle continuera à attribuer elle-même aux ouvrages de fiction. L'accès par le 655 LCSH coexistera avec l'accès par le 655 GSAFD dans les catalogues LC et BL. Ce qui ouvre la question de la cohérence et de la cooccurence dans les catalogues où il y a des différences dans la forme des vedettes attribuées.

Pour s'attaquer aux implications du 655 LCSH dans notre propre indexation de la fiction, la BL a créé un groupe de travail chargé d'examiner les problèmes liés à l'accès par la forme et le genre pour tous les ouvrages de fiction, individuels et collectifs, élargissant la question pour prendre aussi en compte l'utilisation de la subdivision de forme proposée, le $v.

Des contacts avec la LC et avec les sous-comités compétents de l'American Library Association nous assuraient que nous fondions nos travaux sur des débats déjà avancés au sein de la communauté plus vaste travaillant en coopération. Nous avons soumis à la fin de notre travail un document de discussion à la Bibliothèque du Congrès et à deux sous-comités de l'ALA SAC (Suject Authority Cooperation), celui sur la mise en oeuvre des vedettes / subdivisions de forme, et celui sur la révision des GSAFD (7).

Je n'entreprendrai pas de répéter les arguments de notre texte en détail. Son propos était de présenter un ensemble cohérent et complet de recommandations pour normaliser l'application des données de forme aux oeuvres de fiction, afin de centrer les discussions et débats jusque là dispersés. Nous avons pris comme hypothèse de base que le futur développement des LCSH est l'occasion d'intégrer complètement les vedettes GSAFD dans un fichier plus important pour maximiser les avantages d'un accès contrôlé par thésaurus aux ouvrages individuels et collectifs de fiction. Examiner le cas en détail nous a amenés à poser de nombreuses questions : Que signifie le principe de la spécificité pour les données concernant la forme, par opposition à celles concernant le sujet? Dégager la forme du sujet grâce aux nouvelles étiquettes MARC offre-t-elle l'occasion de réexaminer certains principes portant sur l'utilisation de chaînes construites précoordonnées / vedettes post-coordonnées? Comment définir les vedettes de genre?

En quoi les quelques réponses que nous avons apportées à ces questions serviront au développement éventuel des LCSH dans ce domaine reste à voir. Travailler en coopération signifie que le progrès passe par le dialogue, et il est encourageant de constater que la Bibliothèque du Congrès et la communauté plus large des utilisateurs LCSH intéressés par le sujet ont répondu très positivement à notre texte.
Un dialogue a été ouvert.

4. Quelques priorités pour l'avenir

Je voudrais terminer en indiquant ce que je considère comme les deux priorités clés pour le futur développement des LCSH. J'ai centré ce texte sur les coûts et les défis auxquels nous devons faire face dans l'application des LCSH à nos notices. L'indexation-matière est pour les bibliothèques un travail coûteux et le système LCSH nécessite beaucoup d'améliorations pour en faire un instrument plus facile à utiliser. Il y a aussi beaucoup à faire pour le rendre plus efficace pour fournir l'accès matière dans nos catalogues. Pour continuer à justifier les coûts de l'application des LCSH, il est vital de réduire ces coûts là où ils peuvent l'être, et d'augmenter les avantages de cette application chaque fois que c'est possible.

Etant donné que la plupart des améliorations seront graduelles et nécessiteront des engagements et des ressources à long terme, je voudrais suggérer qu'il y a deux priorités vraiment urgentes pour ce développement qui peuvent aider à appuyer la demande de cet investissement continu en procurant quelques avantages immédiats :

5. Conclusion

Comme tout produit aujourd'hui, si les LCSH ne changent pas, le système sera tôt ou tard abandonné. Ses déficiences le rendront vulnérable dans la concurrence avec les progiciels de recherche textuelle. Nous tous qui l'utilisons avons tout intérêt à son amélioration, et devons donc chercher à contribuer à son développement. Nous pouvons proposer de nouvelles vedettes et des corrections, contribuer dans un dialogue ouvert au développement des politiques d'indexation, et développer aussi nos systèmes informatiques pour tirer pleinement avantage des LCSH. Dans la communauté des bibliothèques anglophones, le niveau des investissements déjà effectués dans les LCSH les rendent incontournables dans nos catalogues. Les améliorer revient donc à choisir entre avoir un accès matière contrôlé ou pas. Sans les LCSH, malgré les défauts, l'accès par sujet à nos catalogues et collections serait gravement appauvri.

Notes.

  1. McIlwaine, I.C. "Subject control: the British viewpoint", Subject indexing: principles and practices in the 90's, Holley, R.P.(ed.) et al, Munich, K.G.Sauer, 1995, 166-180 (UBCIM Publications - new series vol 15)

  2. Oddy, P.M. The case for international co-operation in cataloguing: from copy cataloguing to multilingual subject access. (paper for a seminar on "The Future of Cataloguing", held at the Royal Library, Stockholm, January 1998)

  3. Foskett, A.C. The subject approach to information, 5th ed. London, Library Association Publishing, 1996, 346.

  4. Drabenstott, Karen Markey & Vizine-Goetz, Diane. Using subject headings for online retrieval: theory, practice and potential, New York, Academic Press, 1994.

  5. Chan, Lois Mai, Library of Congress subject headings: principles and application, Englewood, Co. Libraries Unlimited, 1995

  6. Guidelines on Subject Access to Individual Works of Fiction, Drama, etc. Chicago, ALA, 1990

  7. The application of form data to works of fiction: discussion paper. British Library Fiction Indexing Group, August 1997: posted at http://www.pitt.edu/~agtaylor/ala/papers/blfictio.html

  8. Pollitt, A Steven, The key role of classification and indexing in view-based searching IFLA '97 Copenhagen Aug 31 - Sept 3 1997 63rd IFLA General Conference Booklet 4, Section on Classification and Indexing Session 95 Paper 009-CLASS-1-E


French translation : Max Naudi